MEMBRANE

Jui 01

Membrane est en sommeil pour quelques mois. À bientôt!
I’ll be back in a few months. Thank’s to followers!

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mai 29

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DENIS JOHNSON / UN PENDU RESSUSCITÉ / CHRISTIAN BOURGOIS / 2004 -

1980. Leonard English débarque du Kansas à Provincetown, près de cap Cod. Sitôt arrivé dans cette ville glaciale mais haute en couleurs (elle n’est habitée que de gays, de lesbiennes et de travestis), il n’a qu’une obsession : filer à la messe pour confesser sa tentative de suicide commise un an plus tôt. Trentenaire, l’homme s’est pendu pour d’obscures raisons. On ne sait presque rien de son existence passée, sinon qu’il est orphelin et qu’il était représentant en équipement médical. En ressuscité animé d’une personnalité pour le moins lunaire et décalée, il reprend ici goût à la vie, acceptant le double emploi que lui confie Ray Sands, inspecteur de police à la retraite : détective et animateur pour WPRD, une station de radio ringarde où l’on interviewe des artistes tartignols et démodés entre deux disques rayés.  Détective néophyte, English est d’abord chargé de prendre en filature []

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mai 25

David Douglas Duncan / Picasso / 1957.

David Douglas Duncan / Picasso1957.

JEAN-CLAUDE PIROTTE / AVOIR ÉTÉ / LE TAILLIS PRÉ / 2008

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Ce recueil est d’une esthétique singulièrement baroque. Sans doute faut-il y voir un hommage à Gérard Oberlé à qui l’ouvrage est dédié, figure tout aussi singulière qui disait "son inclination pour l’hétéroclite". Il s’agit d’un ensemble de poèmes, le plus souvent structurés en quatrains dont l’apparent classicisme est constamment contrarié par la découpe des vers, les enjambements et l’absence de ponctuation.

Un recueil où tout semble entrer pour en être aussitôt expulsé, lieu de traversées, où les choses n’y font que passer, fugitivement, comme le font les souvenirs tout à la fois intenses et anémiés de l’enfance, de même que les références livresques et les affinités poétiques. Souvenirs empruntés aux ballades, chansons et comptines, "les rondeaux les accords de gambe / et les rengaines de Hollande / que l’on chante à la nuit tombante". De sorte que le recueil lui-même porte la marque de cette tradition orale et populaire. Trois parties (“Un”, “Deux” et “Trois”), comme d’une chanson en trois couplets fredonnée, encadrée d’un “Prologue” et d’un “Envoi”.

Avoir été s’apparente aux vagabondages d’une mémoire qui s’évertue, dans le prolongement des précédents recueils, à exhumer le passé et qui, lucidement et très stoïquement, reconnaît la vanité de son entreprise. Les enchantements du passé font long feu, tournent vite court.

Un foisonnement et une diversité qui ne se donnent pas d’emblée, mais qui remontent par capillarité de l’écriture, comme d’une source enfouie dans le désert. C’est précisément le décor des premiers poèmes, espace de vacuité, métaphorique de l’amnésie ("ma patrie à tout jamais / ensevelie sous l’enfance", dont le poète va tirer des mirages qui vont prendre peu à peu consistance onirique : "voici qu’à l’horizon s’élèvent / les murailles les dômes les / minarets dans le silence / et l’étrange vertu du rêve". Mais toujours, la magie est révélée comme telle, et si la poésie cultive la mission Baudelairienne de transfiguration ( "un art de changeur / de cuivre en étincelles d’or / et d’eau plate en miel en liqueur"), le processus alchimique est chez Pirotte à tout instant réversible ("si je l’invente je l’efface / encore mieux de la surface"). Les artifices et subterfuges ne sont pas dissimulés ("or vous n’avez jamais été / qu’un accessoiriste de cirque / dans les méandres du Léthé" ).

La mémoire est bien le fil conducteur et non moins égarant de ce recueil, centrée dans l’infinitif passé du titre, entre l’in(dé)finitif inaliénable de l’avoir et l’aspect révolu de l’être. Un titre repris de ces vers d’Henri Thomas inscrits en épigraphe : "Ce n’est plus le temps de renaître / C’est celui d’avoir été".

Le mouvement intro et rétrospectif de la mémoire et de l’écriture se heurte certes à l’incapacité à se souvenir des "multiples inconnues / d’une algèbre qui s’est perdue". Le temps file en effet et avec lui, le passé s’évanouit irrémédiablement : "ainsi passe le temps des prunes / tu pourris doucement sous l’arbre", ou encore : "le moulin tourne, la mémoire / s’endort comme le meunier". Mais plus encore, comment rejoindre un passé sans substance ni réalité ? Le souvenir se dissout dans l’espace rasé et déserté d’une enfance intraitable, épreuve "falsifiée, défigurée, escamotée" (EDJ) : "dansons dans les maisons brûlées / dans nos enfances dévastées / dans nos atours de vieilles peaux / dans les cendres de nos cerveaux". Car cette période n’acquiert jamais chez Pirotte l’épaisseur du réel. L’enfance se résume à une somme de "jours morts" (RDR). Elle est rêvée avant d’être vécue, éclairée par le prisme nocturne de l’insomnie, du noctambulisme et des rêveries solitaires : "quand les horloges sonnent l’heure / de l’insomnie l’enfant se lève / il va rejoindre les fantômes / et les chats seigneurs de minuit (…) noctambule / au plus haut degré de la nuit / que croit-il vaincre ? son ennui ? // la marâtre qui l’a maudit ? la mégère de ses soucis ?" D’où la collision, dans ces poèmes, de paroles et de souvenirs qui ne lui appartiennent pas encore en propre, sensations et voix remontant de la nuit pour s’associer et se mêler plus tard dans les vapeurs d’alcool. Dans "la rumeur profuse / du bistro" se conjuguent les ivresses du "jeune Rimbe" et "les vins de Thrace ou de Sumer".

EDJL’épreuve du jour, Le Temps qu’il fait.
RDR
Rue des Remberges, Le Temps qu’il fait.

Article paru dans le n°41 de la revue Diérèse en 2008.

Romain Verger

Jean-Claude Pirotte, Avoir été, Le Taillis pré, 2008.

On trouvera une autre étude consacrée à l’œuvre de Pirotte.

mai 24

via anyralphs

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(Source : talesfromthebroomcloset)

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Issei Suda

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mai 23

Gordon Parks

Gordon Parks