Quelle maudite fournaise devant l’hôpital, l’insidieuse canicule d’août, sale été, tout se désagrège, part en tous sens, en tous sens, nos semelles collent à l’asphalte, l’air pourrit… L’odeur de la merde est partout, n’essayez pas de le nier! Tout pue : les chambres blanches, les tramways, les églises et nos parents, les fentes suppurent, les passants traînent par terre des bandeaux de gaze trempés de salive, le caleçon des hommes est maculé de jaune, et où qu’ils regardent : des mouches! rien que des mouches! Chaleur dingue et odeur de merde. Sale été! Sois maudit, toi qui te bouffes toi-même…!
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Peter Esterhazy / Les Verbes auxiliaires du cœur / Gallimard / 1985 / Traduit du hongrois par Agnes Jarfas / Credit
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